Comment bien choisir son papier en Art ?

Bien choisir son papier pour sa pratique artistique, c’est tout un art ! Quelques notions à bien comprendre pour être libre de son rendu créatif.

Le choix du papier pour sa pratique artistique n’est pas du tout une question anodine. En art, le travail et le talent de l’artiste sont bien entendu primordiaux, mais ça ne fait pas tout. Qui n’a pas été déçu par une aquarelle car le papier s’est mis à gondoler, ou pire, s’est mis à faire des trous ? Le choix du papier autant que des mediums va fortement influencer le rendu final, et souvent bien plus qu’on ne le pense… Choisir son papier c’est tout un Art !

Introduction

Qu’on dessine ou qu’on peigne, on ne peut, à priori, pas prendre exactement les mêmes papiers. Et plus on pratique, plus on affine ses préférences vers tel ou tel type de papier. Plusieurs critères vont rentrer en ligne de compte pour aider à faire ses choix.

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Grammage et grain

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Un papier aquarelle à grain épais

Le grammage et le grain du papier sont deux notions distinctes qu’on a tendance à souvent confondre. Voici une petite explication technique pour vous aider dans vos choix :

-> le grammage correspond au poids que fait une feuille de 1m2. Une feuille de papier pour imprimante a un grammage de 70 ou 80 g/m2, elle est donc plutôt légère. Tandis qu’une feuille de papier pour aquarelle peut avoir un grammage de 600 g/m2, voire plus. Une grosse différence donc, facilement remarquable par le poids, l’épaisseur du papier (et le prix…).

-> le grain du papier correspond à sa finesse ou sa rugosité. Par exemple un papier bristol est très lisse, on dit qu’il a un grain fin. tandis qu’un papier pour l’huile par exemple est plutôt rugueux, il a un grain épais. Cette notion de grain est important pour les techniques « pigmentées ».

Choisir son papier pour l’art du dessin ! (crayon, fusain, pastels…)

En art, les technique dites « sèches », sont celles qui ne font pas appel à l’eau. Tout simplement 🙂
Donc tout ce qui va être : crayons, fusains, graphites, pastels… Ces techniques ne nécessitent pas un papier avec un grammage très important, mais il doit l’être suffisamment quand même pour supporter du gommage ou de l’estompage par exemple.
Tout dépend là encore de ce qu’on veut réaliser. Si on veut faire de l’esquisse, du croquis, un grammage de 80 ou 90 peut largement suffire.

C’est surtout le grain qui ensuite va être important pour le rendu, pour un dessin dit « technique » (architecture, anatomie…) il faudra un grammage fin pour permettre de voir les détails (lire aussi « Bien choisir ses crayons! »). Tandis que pour des rendus plus artistiques, le grain sera intéressant pour accrocher le pigment, notamment pour les travaux au fusain et aux pastels.

Etude de Cheval, Leonard de Vinci
Léonard de Vinci, Étude de cheval, 1490, Royal Librairie de Windsor

Les papiers pour les techniques humides

Et tout naturellement les techniques humides sont celles ou le pot d’eau n’est pas très loin de votre feuille. Cela concerne donc les encres, gouaches, acryliques, aquarelles… de toutes sortes.
Pour ces techniques-ci le grammage doit être au moins de 300 pour supporter les traces d’eau sans gondoler. Vous avez déjà essayé de mettre, même un tout petit peu, d’eau sur une feuille de papier imprimante ? Et bien je vous laisse expérimenter, ça peut faire un rendu artistique (papier vague ? papier mâché ?) mais certainement pas un rendu « peignable ». Qui dit technique humide dit grammage important, par contre le grain est une question de rendu. Plus il sera prononcé plus le pigment accrochera.

Winslow Homer, 1885, Peinture Aquarelle (et gouache) sur papier
Winslow Homer, 1885, Aquarelle (et gouache) sur papier, 36.8×53.3 cm, Art Institute of Chicago.

L’art du papier

Et aussi… si le papier est un support à d’autres mediums (crayon, peinture, encre…) il est aussi un support artistique par lui même. Pliage, découpage, déchirure, collage… C’est une matière qui offre de très nombreuses possibilités.
Lorsqu’on a bien perçu toutes les subtilités et les possibilités, cette matière en deux dimensions peut alors même servir de support à des réalisation extraordinaires en 3 dimensions…

Conclusion

Pour résumer, l’art de choisir son papier complète son art 🙂
Le mieux est de tester, souvent des échantillons sont proposés par les grandes marques, il ne faut pas hésiter à les prendre et à faire ses propres expériences.
Car on est là dans le vrai, dans le palpable, il faut toucher, plier, gratter etc. pour bien sentir comment se comporte le papier.

Et c’est là que vous trouverez le ou les papiers qui vous correspondent et répondent le plus à vos attentes en terme de rendus artistiques.

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