Sortir de sa zone de confort

Oui, je sais, il fallait oser ce titre en ces difficiles temps de confinement… Mais plus que jamais c’est le moment de ne pas s’enfermer, d’être « open-minded » et de savoir sortir de sa zone de confort.

Zone de confort

Nous aimons tous d’une certaine manière réaliser des choses sur lesquelles nous nous sentons confortables. En dessin, de nombreuses personnes restent dans leur zone de confort.
Untel dessinera des fleurs sous toutes leurs formes ou untel des portraits au crayon graphite, car c’est là qu’ils y ressentent une certaine aise. Et c’est vrai, la pratique régulière et récurrente d’un même sujet nous amène à une sensation de maîtrise, voire de routine. Nous progressons et observons nos progressions. Nous finissons par être dans cette zone de confort où notre Art se révèle à son apogée.

La zone de confort nous rassure, nous conforte. Et une fois mise en place (souvent difficilement), on a pas très envie d’en bouger. C’est humain, c’est comme ça.

Ressources intérieures

Pour construire cette zone, on fait appel à nos différentes capacités d’apprentissage. Être dans une zone de confort, ça a du bon.
On passe de novice à expert, ce qui au début nous semblait inatteignable se fait quasi naturellement. Mais alors plus moyen pour nous de verbaliser nos actions. Quel peintre qui exerce depuis de nombreuses années est encore capable de mettre un mot sur sa manière de peindre ? C’est déjà difficile de mettre des mots sur les actions du dessin, mais alors au bout de X années ça devient presque indescriptible tellement le geste est plein de finesse et de subtilités quasi inobservables.

Nous sommes plein de ressources intérieures. Nous avons cette capacité à sans cesse innover, créer, inventer. Mais pour y arriver, il faut oser. Oser sortir de cette fameuse zone de confort. Celle là même qui nous rassure et nous conforte sur notre sensation de maîtrise.

tarlatane
Tarlatane et encre

Sortir de sa zone de confort

Sortir de sa zone de confort c’est oser braver l’inconnu, oser se tromper, échouer. Rater. Raturer. Se confronter à des critiques négatives. Remettre tous ces acquis sur la table et recommencer un nouveau processus d’apprentissage, de découverte. Accepter d’être dans une position inconfortable avec soi-même et avec les autres. Mais rien de tel aussi pour booster sa créativité. J’aime amener mes stagiaires sur la frontière de leur zone. Selon moi, oser poser un pied en dehors de cette zone c’est apprendre à lâcher prise, et c’est une condition essentielle pour que la créativité arrive enfin.

Il faut arriver à lâcher les reines, faire taire son cerveau gauche et son critique intérieur. C’est seulement sous ce début de condition que la créativité et le potentiel artistique peuvent se mettre en place. L’inconfort laisse alors la place à un vrai plaisir de découverte.

mon gant avec ses doigts plein d'encre noire
mon gant plastique avec ses doigts plein d’encre noire… sortir de sa zone, c’est aussi mettre les « mains dans le cambouis »…

Actions

Il y a plusieurs années je me suis interessée à la gravure. J’étais déjà une fan inconditionnelle de la linogravure, mais j’étais aussi très attirée par des techniques plus complexes comme la xylographie, et aussi la taille-douce. Souvent freinée par le prix des stages j’ai rangé cette idée dans un coin de mon esprit, en me disant toujours « plus tard »… Et puis j’ai créé ma zone de confort avec la linogravure.

Mais une zone de confort ça peut aussi être « ennuyant »…

Alors, comme je suis toujours en quête de nouvelles sensations créatives, j’ai recommencé à lorgner du côté de la gravure en taille-douce. N’ayant pas plus de moyens financiers au cours du temps, l’auto-apprentissage s’est imposé à moi.
(J’avais déjà fait ce genre d’expérience en construisant ma propre guitare éléctrique. Je suis un peu une habituée des sorties de zones 🙂)

Alors j’ai beaucoup lu, beaucoup observé, j’ai acquis petit-à-petit le matériel nécessaire. Et puis je me suis lancée. Première gravure, première impression. Je me demande même si le terme « première impression » ne vient pas des imprimeurs. Car elle est vraiment révélatrice des autres tirages. Et puis il y a aussi ce moment incroyable de première découverte de son premier tirage sur le papier.

Et surtout, je me suis beaucoup trompée. Énormément d’échecs. En fait même de sacrés ratés ! Si aujourd’hui je suis très loin d’avoir le niveau d’un vrai imprimeur, au bout de plusieurs tentatives je suis quand même parvenue à des impressions très honnêtes.

Tirages en eau-forte à retrouver sur ma boutique… Une manière aussi de me soutenir, car je n’ai plus de ressources suite à l’annulation des cours en face-à-face…

Zones…

A l’heure où j’écris ces lignes : restez bien chez vous, ne prenez pas (et ne faites pas courir) des risques dangereux et inutiles. Le soleil sera encore là dans quelques semaines… Si vous avez besoin de vous évader, tout est dans cet article. Oser de nouvelles activités ! Mettez vous au dessin si vous êtes cuisinier, à la guitare si vous êtes peintre ou au banjo si vous êtes sculpteur ! Qu’importe, le cerveau est hyper doué et vous serez récompensé de lui avoir donné une bouffée d’air artistique…

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