6 conseils pour savoir comment fixer le prix d’un tableau

Qui n’a pas eu cette discussion, entre amis ou en famille concernant le prix des peintures ?! Que ce soit sur un marché en plein air, sur internet ou dans une galerie. Chacun y va de son petit commentaire, et on tombe rarement d’accord sur la question des prix des tableaux. Certains trouvent les prix exorbitants tandis que d’autres soutiennent que ce n’est pas assez chers. Alors comment s’en sortir pour fixer le prix d’un tableau qu’on a peint soi-même ? Voici 6 conseils pour se poser les bonnes questions pour fixer le prix d’un tableau…

lamateur destampes
Honoré Daumier, 1863, huile sur toile, l’amateur d’estampes. Petit Palais, Paris.

Conseil n°1 : Trouvez le genre d’artiste que vous êtes

On en revient souvent à cette question mais elle est primordiale. Quel genre d’artiste êtes vous ? Êtes vous amateur ou bien professionnel ? (à lire ou à relire : Artiste peintre amateur…comment vendre?) . En tant que professionnel à priori vous n’avez pas besoin de lire cet article 😉 donc je suppose que vous êtes amateur. Dans ce cas quel amateur êtes vous, car il y a plusieurs niveaux possibles.
Ce qui va être déterminant c’est un peu votre « cote d’artiste ». Elle va être établie sur le fait que vous ayez déjà vendu ou pas, que vous ayez déjà exposé et où…
Certains profitent de la crédulité d’un public néophyte pour vendre des toiles à prix cassé, reproduites par des systèmes d’impression à bas prix. On en vient au point n°2, petit conseil pour les acheteurs : pensez-vous vraiment qu’une toile originale rien qu’en matériel revienne à moins de quinze euros ? (la réponse est non…)

Plus vous aurez déjà exposé, plus vous aurez déjà vendu et plus vous pourrez augmenter vos prix.

Conseil n°2 : Estimez (correctement) le prix du matériel

Et oui la question est importante. Car si vous pratiquez les Beaux-Arts, vous connaissez les prix des toiles et des tubes de peinture. Là aussi, votre expérience est importante car en tant que « jeune » (ou moins jeune) peintre amateur débutant, il est rare de se lancer avec des produits chers dès les premières toiles. On fait d’abord ses gammes avec des peintures dites d' »études » puis petit à petit on se dirige vers des éléments plus qualitatifs.

Plus vous serez expérimenté et plus vous aurez envie de qualité dans vos produits et vos rendus, et donc… le prix suivra également.

De manière très basique, faites le calcul du prix d’achat entre la peinture, la toile, les pinceaux, les vernis, les mediums… N’oubliez pas éventuellement d’y inclure vos frais de déplacement si vous allez exposer loin de chez vous, ou des frais d’emballage et de port si vous vendez en ligne. Tous ces frais annexes ne sont pas à négliger, mis bout à bout leur coût n’est pas négligeable.

devanture boutique ripolin marchand de couleurs
Cliché de Paul Darrigo issu de « Paris Boutiques du temps passé », 2018. Source : http://www.parigramme.com/livre-paris-boutiques-du-temps-passe-483.htm

Il y a quelques temps lors d’une conférence, était posée la question de la rétribution des artistes lors des expositions. C’est vrai, après tout pourquoi ne pas payer un artiste qui expose ? (qu’il vende ou non). Car tout le monde est payé autour de l’exposition en elle-même, de celui qui accroche les cadres à celui qui organise… seul l’artiste ne l’est pas !

Conseil n°3 : Facturez (ou pas) le temps de réalisation

Le temps passé à la réalisation d’une œuvre doit il impacter son prix ? Il y a plusieurs approches sur cette question. Certains diront que le temps ne compte pas car vous prenez du « plaisir » à peindre et donc que vous ne pouvez pas « facturer » cette donnée temporelle. D’autres dirons au contraire que le temps passé doit être pris en compte dans le calcul car c’est un temps de travail. Est ce qu’une œuvre contemporaine abstraite (par exemple…) devrait être moins chère qu’une œuvre dite « classique » qui aura peut être demandée  plus de temps à être réalisée ? La question est ouverte… A vous de trouver si vous souhaitez prendre en compte cette donnée, ou pas.

Norman Rockwell, Triple Autoportrait, 1960, illustration, 113 x 87 cm (Norman Rockwell Museum, Massachussets, USA).

Si vous décidez de prendre le temps en compte, il faudra évaluer une sorte de salaire horaire de base (article à venir) et le multiplier par le temps passé sur votre œuvre. Cette notion de temps risque néanmoins d’introduire des variations dans les prix de vos œuvres que vos potentiels acheteurs ne comprendront pas toujours.

Conseil n°4 : Soyez crédible !

On dit que l’achat d’une œuvre d’Art est une question de coup de cœur… Entendons nous bien, je parle d’achat dans la sphère des amateurs, pas dans celle des professionnels. Pour les ventes professionnelles, effet de mode et/ou investissement financier seront peut être (?) des leviers plus forts que l’attirance émotionnelle…
Une galerie prendra environ entre 40 et 50 % de commission sur une vente. Les prix des galeristes sont une chose, mais vous, en tant qu’amateur lors d’expositions entre peintres dans la salle des fêtes locale, vous ne pourrez pas vous aligner sur ces gammes de prix là.

Vous ne serez pas crédible si vous essayez de vous aligner sur les prix de la fiac par exemple 🙂 …

scène humoristique chez le marchand de tableaux
Chez le marchand de tableaux « Nous ne sommes pas à 500 francs près, mais nous voulons que la signature soit bien lisible« – David Widhopff, 19ème sc. Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Mais attention, un prix trop bas pourra dévaloriser votre travail. Vous réalisez une œuvre unique, une création, ne succombez pas au « syndrome de l’imposteur », soyez audacieux pour fixer le prix d’un tableau !

Conseil n°5 : Oui, la taille ça compte

Le format au delà du prix du matériel est une donnée qui pourra vous aider à déterminer une échelle de prix. Voici dans le tableau ci-dessous une aide intéressante selon le format du tableau.
Un artiste débutant peut avoir un point (numéro) coté à 20 euros environ :

tableau des points format tableau
Les numéros correspondants aux différents formats (Figure, Paysage, Marine) en cm.

Conseil n°6 : Trouvez le juste prix de votre tableau

C’est là que tout ce joue, mais en reprenant les conseils vus ci-dessus, vous avez maintenant différents axes pour  trouver un juste prix à vos peintures. Pour fixer le prix d’un tableau, ne vous sous-évaluez pas mais ne vous surestimez pas non plus. Votre sensibilité artistique ne joue pas en votre faveur pour vous aider à rationaliser la question du prix 😉
N’hésitez pas, pour vous détacher du côté affectif, à imaginer le prix que vous souhaitez mettre à votre œuvre, au pifomètre dans un premier temps. Puis ensuite, essayez une approche plus rationnelle avec les éléments abordés dans cet article.

N’oubliez pas non plus que vous devrez déclarer ces revenus et qu’une partie des revenus de votre vente sera soumise à impôt…

Pour conclure, le juste prix se situe quelques part entre toutes ces valeurs 🙂

 


Plaintes de M. Badigeon, marchand de couleurs , sur les critiques du Sallon de 1771. Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque Nationale de France

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