De la créativité

Qui un jour ne s’est pas retrouvé devant une feuille blanche en séchant complètement ? Être créatif, c’est tout un art…

Qu’on soit peintre, dessinateur, écrivain, mais aussi ingénieur. Il arrive qu’on sèche. La panne quoi. L’inspiration ne veut pas venir, on tourne en rond et souvent cela peut se transformer en une sorte de déprime. Parce que c’est déprimant de se sentir sec à ce point. Ces périodes arrivent régulièrement, un peu cycliquement. C’est plus vaste que juste le milieu artistique, car le processus créatif ne se limite pas non plus au stricte cadre des activités artistiques. Qu’on soit luthier, ingénieur ou agent de surface, chaque métier demande à être créatif. Tout travail met en jeu des processus créatifs, à différentes échelles bien entendu. Car il se passe bien des choses entre un travail prescrit et la réalité du terrain, c’est souvent là que les enjeux de créativité sont les plus forts et ce qui fait qu’un travail (au sens large, c’est quelque chose qui résiste, c’est un problème à résoudre) nous amènera à un sentiment de satisfaction une fois que nous aurons mis en place les leviers pour résoudre le problème.

La page blanche

Créer fait partie de ce genre de problème. N’en déplaise à certains, créer ce n’est pas (que) jouer. On peut créer en jouant, mais on ne peut pas toujours jouer à créer.

De nombreux artistes vous parleront de cette déprime qui arrive après un projet terminé. Et la déprime est souvent à la hauteur de l’engagement dans le projet. Comme un processus de régénération.

Pour revenir à cette feuille blanche (au sens large du terme), comment surmonter cette période de déprime ? Est ce qu’il faut la surmonter, ou bien justement la laisser prendre place, tout nettoyer et repartir de plus belle ? Peut être qu’elle peut s’inscrire comme un passage nécessaire. Bien que se soit fort désagréable, elle peut être un passage possible pour laisser place nette à de nouveaux projets. En période faste, le créatif peut créer et concevoir un ensemble de projets (volumineux et dans de nombreux domaines) sur une période très condensée de plusieurs jours.
Pour ma part, c’est une période brève et intense, très prolifique. Je note alors toutes mes idées sur des carnets pour ne pas perdre le fil. Une fois que cette période s’essouffle un peu, je prends le temps de « planifier » tous les projets conçus. Le temps qui suit permet de dérouler et de mettre en pratique tous ces projets. Puis, dès que je n’ai plus rien à me mettre sous la dent, je déprime !

Quelques techniques pour libérer sa créativité

L’essentiel réside dans le savoir lâcher prise. Laisser le corps prendre le contrôle pour que l’esprit travaille en « back-up ». Faire taire ses pensées, ses recherches pour que les rouages de la créativité se (re)mettent en marche. Attention, ça ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire et attendre que ça arrive !

Ça peut être une courte séance de sport, une sieste, une pause méditation, une séance de « n’importe quoi »(gesticuler dans tous les sens, comme des enfants). C’est apprendre à faire le vide et faire confiance au fait que « ça va revenir« … Même s’il vaut l’avouer, à cause du passage de déprime, à ce moment là on se dit qu’on est fichu et qu’on pourra plus jamais créer. Qu’on est nul et qu’on fait de la m… Plus on est créatif, plus on va être sujet à ce genre de passage. Je ne crois pas à au créatif « constant » qui ne se remet jamais en cause. La créativité c’est devoir se confronter à un problème et y mettre une énergie incommensurable pour le résoudre.

Le dessin comme stimulant créatif

Ma méthode préférée est celle de la recherche systématique. Il s’agit de s’abreuver du sujet, de prendre plein d’infos. Et surtout de dessiner, sans être dans un dessin recherché, il s’agit juste de réfléchir en dessinant. C’est une méthode assez active car le fait de dessiner déclenche l’arrivée des autres idées. C’est comme cela que je construis mes histoires pour enfants par exemple. Elles viennent alors presque naturellement (c’est alors le même sentiment que lorsqu’on résout une formule mathématique : on sait que c’est la bonne !) . La solution m’arrive alors plus souvent par le crayon plutôt que par la pensée. A ce stade c’est que la période de « gestation » d’idées est terminée, tout le travail de « back up » est fini et on peut « accoucher » de sa solution. C’est toujours surprenant de voir notre capacité à trouver de nouvelles idées sur des sujets dont on croyait avoir fait le tour.

C’est un cercle assez connu « stress-déprime », le tout est de savoir en sortir à un moment donné.

Des freins

L’autre point important, se sont vos propres freins. Le fait de douter vous empêche ce lâcher prise. Par exemple, certains n’osent pas, sous prétexte du regard des autres. Alors que c’est avant tout leur propre regard sur leur travail qui les freinent à se lâcher. « je ne suis pas capable de… », « je ne sais pas faire… ». Savoir faire taire son critique intérieur est très important lorsqu’on est dans la phase de créativité et de recherches de nouveautés. On pourra le laisser parler après, une fois les choses mises en place.
Mais je pense qu’il est important de lui clouer le bec quelques temps pour laisser libre cours à son imagination…

(Illustration de l’article :Honoré Daumier, homme lisant dans un jardin, 1865, Metropolitan Museum of Art, New-York)

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